<-Retour Accueil

 

Croire à une chose ne l'a jamais faite exister, pas plus que n'y pas croire ne peut la faire disparaître.

Les choses sont ce qu'elles sont.

Nos désirs, nos craintes, nos croyances ou non-croyances, nos convictions préalables n'ont strictement aucune prise sur la réalité.

C'est le rôle de la science que d'explorer cette dernière.

La science n'a pas à croire ou ne pas croire.Son rôle est de recueillir des faits, de les analyser et enfin, quand c'est possible, d'en tirer des conclusions et de faire avancer la connaissance que nous avons de nous-mêmes et de l'univers dans lequel nous vivons.

Dr J-P Jourdan

 

 RECHERCHE


placement



La recherche au sein de IANDS-France est de type scientifique, approche définie comme une démarche d'ouverture, de rigueur et de raison.

IANDS-France représente une pluralité de points de vue et ne souscrit à aucun parti pris théorique.

Son but n'est pas de promouvoir une explication de la NDE, mais d'explorer le phénomène en collaboration avec des chercheurs hospitaliers et universitaires de toutes les disciplines concernées et de diffuser les résultats de ses investigations de la manière la plus appropriée et la plus juste.


La recherche consiste en premier lieu à recueillir des témoignages d'EMI/NDE selon un protocole commun, à les traiter statistiquement et qualitativement à travers une approche pluridisciplinaire et transdisciplinaire. La comparaison avec des expériences connexes est également menée, afin de mieux comprendre la spécificité de la NDE dans ses rapports avec d'autres expériences du même type. La notion d'imminence de la mort, si elle est présente dans la majorité des témoignages, ne doit pas faire oublier que l'on rencontre dans d'autres circonstances des expériences présentant les mêmes caractéristiques.

Principaux articles publiés en 2014

En collaboration avec le Coma Science Group :

  • Near-death experiences in non-life-threatening events and coma of different etiologies
    Charland-Verville V, Jourdan J-P, Thonnard M, Ledoux D, Donneau A-F, Quertemont E, Laureys S.
    Frontiers in Human Neuroscience May 2014, volume 8, article 203. Full text - Abstract - PDF - Poster

    Expériences de Mort Imminente dans des circonstances dénuées de risque vital et dans des comas de différentes étiologies.

    Résumé :

    Contexte : Les Expériences de Mort Imminente (EMI, en anglais Near-Death Experiences, NDE) sont de plus en plus considérées  comme une réalité physiologique et psychologique, clairement identifiable, et signifiante sur le plan clinique. Cependant, la définition et les causes de ce phénomène ainsi que l'identification des « experiencers » font toujours l'objet de discussions. A ce jour, l'outil standardisé le plus fréquemment utilisé dans la recherche pour identifier et évaluer les EMI est l'échelle de Greyson. Des études prospectives et rétrospectives ont été basées sur cette échelle pour en estimer la fréquence dans diverses populations mais peu d'études ont cherché à associer le contenu et l'intensité de l'expérience à leur étiologie.

     Méthode : dans cette étude rétrospective nous avons évalué l'intensité et les caractéristiques les plus fréquemment rapportées de témoignages spontanés d'EMI survenues à l'occasion d'événements ne représentant pas un risque vital ("NDE like") ou lors d'un coma pathologique ("NDE réelles") en fonction de l'étiologie de l'atteinte cérébrale. Nous avons aussi comparé nos données rétrospectives concernant des comas anoxiques avec celles de la littérature provenant d' études prospectives post-anoxie ayant utilisé l'échelle de Greyson.

    Résultats : l'analyse des 190 témoignages qui remplissaient les critères d'une EMI ( c-a-d. score de Greyson total  > 7/32 ) en fonction de leur l'intensité ( score Greyson total ) et de leur contenu (caractéristiques répertoriées dans l'échelle de Greyson) n'a montré aucune différence entre les groupes "NDE like" (n= 50) et "NDE réelles"(n = 140), pas plus, à l'intérieur de ce dernier groupe, en fonction de la cause du coma (anoxique / traumatique / autre).  La caractéristique la plus fréquemment rapportée était un sentiment de paix et de bien-être (89-93%) . Seuls 2 patients (1%) rapportèrent une expérience négative . Dans notre cohorte anoxique rétrospective, les fréquences de l'ensemble des caractéristiques fondamentales d'EMI étaient plus élevées comparées aux données rétrospectives de la littérature.

    Conclusion : il apparaît que les "NDE réelles" rapportées après des  comas de différentes étiologies sont similaires aux expériences "NDE-like" liées à des circonstances sans risque vital. Les personnes qui témoignent d'une EMI rétrospectivement tendent à rapporter des expériences plus riches.

 

  • Characteristics of near-death experiences memories as compared to real and imagined events memories
    Thonnard M*, Charland-Verville V*, Bredart S, Dehon H, Ledoux D, Laureys S, Vanhaudenhuyse A
    PLoS ONE(2013) 8(3): e57620 PDF

    Caractéristiques des souvenirs d'Expériences de Mort Imminente comparés aux souvenirs d'événements réels et imaginaires.

    Résumé :

    Les Expériences de Mort Imminente (EMI)  intriguent depuis de nombreuses années et,  à ce jour, n'ont toujours pas reçu d'explication convaincante. Dans la mesure où il a été proposé de considérer les témoignages d' EMI comme des événements imaginaires, et du fait que les souvenirs d' événements imaginaires ont en moyenne moins de caractéristiques phénoménologiques que les souvenirs d'événements réels, nous avons comparé dans cette étude les caractéristiques phénoménologiques de témoignages d'EMI avec les souvenirs d'événements imaginaires et réels.

    Nous avons inclus dans l'étude trois groupes de patients ayant survécu à un coma ( 8 patients ayant vécu une EMI telle que définie par l'échelle de Greyson, 6 patients sans EMI mais ayant conservé des souvenirs de leur coma, et 7 patients sans aucun souvenir de leur coma) et un groupe de 18 volontaires en bonne santé appariés pour l'âge. Cinq types de souvenirs ont été évalués à l'aide du Memory Characteristics Questionnaire (MCQ, Johnson et al., 1988) : les souvenirs cibles (EMI pour le groupe souvenirs d'EMI, coma pour le groupe coma, souvenirs d'enfance pour les groupes sans souvenir et contrôle), souvenirs anciens et récents d'événements réels et souvenirs anciens et récents d'événements imaginés.

    Du fait du contenu émotionnel élevé des EMI, il a été demandé aux participants de choisir des souvenirs aussi chargés émotionnellement que possible, aussi bien pour les événements réels qu'imaginaires. anciens et récents.

    Les résultats ont montré que dans le groupe EMI les souvenirs de l'expérience ont plus de caractéristiques que les souvenirs d'événements réels ou imaginaires. Les souvenirs d'EMI contiennent plus d'information émotionnelle et auto-référencée, et ont une plus grande clarté que les souvenirs de coma (tous ps < 0,02 ).

    Tout cela suggère qu'elles ne peuvent être considérées comme des souvenirs d'événements imaginaires. Au contraire, leur origine physiologique pourrait les amener à être réellement perçues tout en n'ayant pas été vécues dans la réalité. Un effort de recherche supplémentaire est nécessaire pour une meilleure compréhension de ce phénomène.

  • Near-death experiences in patients with locked-in syndrome
    Vanessa Charland-Verville, Jean-Pierre Jourdan, Zulay Lugo, and Steven Laureys.
    Belgian Brain Council 2014 MODULATING THE BRAIN: FACTS, FICTION, FUTURE, Ghent, Belgium, 4 Oct - 4 Oct, 2014. Abstract - Poster
  • Modalités de perception dans les EMI : modélisation et propositions pour une recherche phénoménologique
    Dr. Jean-Pierre Jourdan
    In Etre Humain, sous la direction de Bérénice Tournafond, CNRS Editions, Paris 2014. Full text

    Résumé :

    Mots-clés : Expériences de mort imminente ; perception ; sciences cognitives ; modélisation ; perception globale ; information ; dimensions supplémentaires ; recherche clinique .

    Résumé : Les caractéristiques cognitives de 70 cas d'EMI (Expériences de Mort Imminente) recueillis au sein de l’association IANDS-France ont été étudiées. L'analyse détaillée des modalités et particularités de la perception durant ces expériences amène à proposer et modéliser un concept de « perception globale » ou d’ « acquisition globale d’information ». Son adéquation aux témoignages est analysée, faisant apparaître une cohérence qui remet fortement en question les interprétations purement hallucinatoires de ce genre d'expériences. Quelques pistes permettant de comprendre comment le retraitement de ce type d’information pourrait être accompli au niveau cérébral sont présentées. Il est enfin proposé un protocole de recherche en milieu hospitalier tenant compte des conclusions de cette étude.

  • AWARE—AWAreness during REsuscitation—A prospective study
    Sam Parnia & al.
    http://www.resuscitationjournal.com/article/S0300-9572%2814%2900739-4/abstract

 

 

PRINCIPAUX AXES DE RECHERCHE en 2014 :

 

- Collaboration avec le Coma Science Group de l'Université de Liège dans le cadre d'une analyse des diverses composantes des EMI sous l'angle des neurosciences (imagerie cérébrale fonctionnelle et échelles d'évaluation neuropsychologiques), avec Vanessa Charland-Verville, doctorante et neuropsychologue et Steven Laureys, directeur du CSG.

      Loin d'être un désir forcené de réduire les EMI à des anomalies du fonctionnement cérébral, il s'agit là d'une étape fondamentale pour une recherche scientifique sérieuse :

      Quel que soit le degré de "réalité" ou d'objectivité de l'expérience, il est important de comprendre que nous ne pouvons en recueillir et analyser que le souvenir, ce que l'on peut très schématiquement résumer ainsi :

      Vécu de l'EMI-> Perceptions -> Mémorisation -> Retraitement cérébral (?) -> Stockage du souvenir -> Retraitement cérébral (?) -> Rappel du souvenir -> Verbalisation

      Toutes ces étapes sont importantes et doivent être explorées.

      La phase "Expérience hors du corps" qui débute bon nombre d'EMI est particulièrement importante : c'est la seule qui peut comporter des éléments objectifs et vérifiables, puisque nombre de patients sont capables de décrire leur environnement au moment de l'expérience, avec souvent des scènes précises qui nous permettent de disposer d'une chronologie précise des événements.

      Il est important, concernant cette phase, de comprendre que son appellation "Expérience hors du corps" sous-entend comme présupposé inconscient que "quelque chose" sort du corps. La réalité est certainement beaucoup moins simpliste que cela. Si l'on veut l'explorer de manière objective et strictement scientifique, il semble nécessaire de n'en considérer que ce qui la caractérise réellement : il s'agit avant tout d'une perception inexplicable d'information.

      Les perceptions lors de cette phase ne comportent jamais d'éléments irrationnels ou fantastiques, elles sont parfaitement banales compte tenu des circonstances. Leur étude est fondamentale.

    L'étude comparative de cette phase avec des expériences similaires mais bien connues et expliquées comme les paralysies du sommeil, les intrusions de sommeil paradoxal(*) - qui comprennent pratiquement toujours des éléments irrationnels ou surajoutés -, et les expériences induites par stimulation cérébrale (**) est elle aussi fondamentale dans la mesure où elle est susceptible de permettre un diagnostic différentiel et d'individualiser les EMI s'il s'avère que ces dernières ne peuvent être réduites à une anomalie du fonctionnement cérébral.

    (*) Diagnostic différentiel : Quelques précisions sur les EHC ou OBE (Expériences Hors du Corps, Out of Body Experiences par le Dr. Jean-Pierre JOURDAN

    (**) Perceptions illusoires de son propre corps par stimulation corticale, traduit de Blanke Olaf, Ortigue Stephanie, Landis Teodor, Seeck Margitta. "Stimulating illusory own-body perceptions", Nature 419, 269 - 270 (2002)

    Les souvenirs d'EMI sont fondamentalement différents des souvenirs habituels, même concernant des événements marquants : l'expérience est décrite comme toujours présente, le souvenir en est fixé et ne s'efface pas. Vanessa Charland-Verville, neuropsychologue au Coma Science Group a d'ores et déjà montré que les souvenirs d'EMI se différencient totalement de faux souvenirs, induits ou non.

    L'état physiologique du cerveau au moment de l'expérience : Une étude est en cours pour évaluer les éventuelles corrélations entre les diverses caractéristiques de l'expérience et le degré d'atteinte cérébrale. En effet, l'étude de centaines de témoignages montre que les EMI peuvent survenir dans des circonstances extrèmement diverses, les arrêts cardio-circulatoires en représentant moins de 25%.

    Dans un certain nombre de cas, le cerveau peut être parfaitement fonctionnel, comme dans les "Fear-Death Experiences" (EMI survenues au moment d'un accident évité de justesse) ou dans certaines expériences ("NDE- like") en tout point similaires à une EMI mais survenues en dehors de tout danger ou atteinte cérébrale.

    A l'opposé, Il peut être dans un état désasteux et totalement incapable de la moindre activité ni de la moindre capacité de mémorisation, comme durant une hypothermie profonde.

    Il peut aussi se trouver dans toute une continuité d'états intermédiaires possibles : overdose, noyade, syncope, arrêt cardiaque, arrêt cardiaque pendant une anesthésie, méditation ou encore orgasme, etc..

    Malgré la diversité de ces conditions physiologiques et des degrés de souffrance cérébrale qu'elles impliquent, il est quasiment impossible de différencier le vécu d'expériences survenues dans des circonstances aussi différentes.

    Il semble en fait (et ce n'est pas la moindre des énigmes posées par ces expériences) que la survenue, le vécu et le contenu des EMI ne soient corrélés à aucun état cérébral particulier, fût-il désastreux. Il est similaire, que le cerveau soit normalement irrigué, qu'il ne le soit plus du tout ou à moitié, qu'il soit ou non perturbé par diverseses drogues, heroïne, anesthésiques, prémédication, alcool, qu'il soit en hypo- ou en hyperthermie, etc.

     

    Les modalités perceptives décrites dans les EMI sont aussi particulières. L'étude des témoignages montre qu'elles sont totalement différentes des perceptions sensorielles habituelles. Il s'agit apparemment d'une perception globale d'information, ni réellement visuelle ni auditive. Cette information "globale" est très probablement retraitée au niveau cérébral par les zones associatives visuelles et auditives, pour être ensuite verbalisées en termes de vision et d'audition.

    Le cerveau a donc évidemment sa place dans tout cela et il est nécessaire d'étudier chacune des étapes qui mène de l'expérience proprement dite à sa verbalisation. Aucune recherche ne pourra avancer tant que l'on n'aura pas étudié et compris ce qui se passe dans le cerveau, que cela explique ou non l'expérience.

    Toujours en collaboration avec le CSG : élaboration d'un questionnaire commun à partir du questionnaire de IANDS-France, élaboration d'un questionnaire dérivé (échelles de Lickert) afin de faciliter une étude statistique, évaluation et propositions de modification de l'échelle de Greyson.

     

- Etude et modélisation des perceptions décrites dans les EMI par le Dr Jean-Pierre Jourdan.

En attendant la parution d'un article soumis au Journal of Near-Death Studies et la mise en ligne de sa version française, les anglophones peuvent prendre connaissance d'un premier article invité par le Journal of Cosmology : Near Death Experiences and the 5th Dimensional Spatio-Temporal Perspective Jean-Pierre Jourdan, M.D.

 

- Etude comparative des caractéristiques des EHC (Expériences Hors du Corps) ou OBE (Out of Body Experiences) dans les EMI, dans les paralysies du sommeil et intrusions de sommeil paradoxal, dans les EHC "volontaires" et EHC induites par stimulation cérébrale par le Dr Jean-Pierre Jourdan. (en cours)


- Un protocole de recherche dans le cadre d'une étude hospitalière prospective multicentrique :


Les Expériences de Mort Imminente (EMI) rapportées par 10 à 15% des patients ayant survécu à un arrêt cardio-circulatoire font l'objet depuis plus de 30 ans de recherches pluridisciplinaires dans le monde entier sans qu'aucune explication satisfaisante leur ait été apportée à ce jour.
Un certain nombre de témoignages rapportent, lors de la phase dite " autoscopique ", des perceptions précises et vérifiées a posteriori de l'environnement du patient ainsi que celles de scènes s'étant déroulées dans son entourage lors d'une période d'inconscience avérée, coïncidant le plus souvent avec un arrêt cardio-circulatoire ou un coma.
Ces perceptions, a priori objectives, et la mémorisation qui leur est associée posent un réel problème, aussi bien sur un plan médical et éthique que pour les neurosciences cognitives. Ce phénomène, qui est loin d'être anecdotique et auquel sont confrontés médecins urgentistes, cardiologues et réanimateurs, peut et doit faire l'objet d'une approche scientifique rigoureuse.
Depuis 1987, je poursuis au sein de l'association IANDS-France une recherche portant sur l'analyse de centaines de témoignages d'Expériences de Mort Imminente.
L'étude détaillée de ces derniers, et en particulier celle des modalités et particularités perceptives décrites par les témoins, m'ont permis de définir et de modéliser un concept original de " perception/acquisition globale d'information " qui permet de rendre compte de l'ensemble des caractéristiques perceptives propres à ces expériences.
C'est entre autres ce concept qui a permis de poser les éléments et bases théoriques d'un protocole de recherche portant en particulier sur les particularités perceptives propres aux EMI et comportant un test mettant à l'épreuve la perception de l'information portée par une cible scellée totalement invisible par quelque moyen que ce soit.
Dans le but de permettre une évaluation systématique de témoignages recueillis le plus tôt possible après l'expérience, une étude prospective et multicentrique est proposée. La validité de ses résultats sera d'autant plus grande qu'elle portera sur un nombre important de cas, ce qui nécessitera une recherche portant sur plusieurs années et sur le plus grand nombre possible de centres participants. Tous les éléments pertinents sur un plan médical et circonstanciel seront recueillis.
Ce protocole de recherche est en voie de finalisation et sera proposé fin 2009 ou début 2010 aux services hospitaliers les plus susceptibles d'accueillir des patients en arrêt cardio-circulatoire ou en état de coma avéré (salles de déchocage, USIC, services d'urgences et de réanimation, SAMU, blocs opératoires en chirurgie vasculaire et neurologie, etc).

Afin d'en définir les modalités définitives de mise en place sur les plans administratifs, techniques et médicaux, une étude pilote est d'ores et déjà mise en place et suivie par le Dr Jean-Pierre Postel, chef du service d'anesthésie-réanimation du C.H. Jean Leclaire à Sarlat et président du CNERIC (Centre National d'Etudes, de Recherche et d'Information sur la Conscience).

Dr Jean-Pierre Jourdan - Directeur de la recherche médicale

Plus de détails sur la page RECHERCHE du site du Dr Jourdan : Deadlinelelivre.fr

 

DIVERS :


Approche anthropologique: comparaison entre les NDE "occidentales" et leur vécu dans d'autres cultures, étude d'expériences du même type induites lors d'initiations traditionnelles (Bwiti gabonais (Iboga), Ayahuasca, etc..)

Pourquoi, dans des circonstances identiques,  certaines personnes vont-elles vivre une telle expérience et d'autres non ? La recherche dans les antécédents familiaux et personnels de facteurs pouvant être à l'origine  d'une telle disparité est un point important.

 

Approche neurophysiologique : quels peuvent être les phénomènes cérébraux qui sont à l'origine du déclenchement de ces expériences ? Il semble s'agir d'un phénomène de neuroprotection qui serait à l'origine d'une "déconnexion" de la conscience, ce qui ne prétend pas donner une explication au contenu des NDE, mais permettrait de comprendre ce qui permet leur survenue.

Si ces expériences obligent à se poser des questions sur les rapports entre conscience et cerveau, certaines caractéristiques récurrentes obligent aussi à envisager une réflexion sur notre conception de l'univers, certaines implications des NDE rejoignant parfois des conceptions millénaires plus ou moins universelles, en particulier dans les mystiques orientales. Vous pouvez lire un article ( Expériences de Mort Imminente et Expériences Transcendantes. Corrélations et hypothèses neurophysiologiques) qui tente une approche de ces liens.

 

Dans la même veine, une étude est en projet visant à tenter de discerner la réalité d'un tel mécanisme de neuroprotection. En effet, si tel est bien le cas, une étude rétrospective chez des personnes ayant subi un traumatisme cranien, un arrêt cardio-circulatoire etc.. devrait montrer une inhomogénéité significative : les personnes rapportant une NDE ont-elles, dans des circonstances similaires, moins de séquelles neurologiques que celles n'en ayant pas vécu ?

 

Diagnostic différentiel : Il est particulièrement important de discerner les EMI parmi des phénomènes plus ou moins proches par certaines caractéristiques. La paralysie du sommeil ou le rêve lucide, en particulier, ainsi que la stimulation de certaines zones cérébrales (gyrus angulaire droit) peuvent procurer l'impression de se trouver hors de son corps, mais il existe des différences fondamentales résumées dans cet article  : Quelques précisions sur les EHC ou OBE (Expériences Hors du Corps,  Out of Body Experiences). Une étude est en projet visant précisément à définir les éléments permettant de discriminer EMI authentiques et phénomènes approchants pouvant prêter à confusion.

 

Taitement cérébral des perceptions et de l'information : Le vécu d'une NDE est ce qu'il est, mais les témoignages reposent sur la mémoire et le rappel de souvenirs. Il est donc primordial de bien comprendre les modalités de traitement de l'information, de mémorisation et en général tous les mécanismes qui peuvent avoir une influence sur la façon dont une telle expérience est gérée par le cerveau. Il semble que lors de ces expériences les perceptions n'aient qu'un lointain rapport avec celles que nous connaissons en état vigile normal. La répétition des mêmes bizarreries dans la plupart des témoignages oblige à penser qu'il y a là, plus qu'un simple phénomène psychologique, une réelle perception parfois objectivement vérifiée. Comment le cerveau peut-il traiter, stocker et rappeler des souvenirs aussi inhabituels pour lui ? Comment peut-on dans certains cas percevoir un environnement avec tous ses détails, et s'en souvenir alors que les structures cérébrales responsables de ces facultés sont inopérantes ? Dans un premier temps, il pourrait être intéressant d'envisager ces phénomènes en considérant sans a priori qu'il s'agit avant tout d'un problème d'information. Avis aux spécialistes !

 

Mémorisation - Etude IRM fonctionnelle : L'étude des 70 témoignages les plus récents ( in Deadline-Dernière limite. Dr Jean- pierre Jourdan. Ed les 3 Orangers, février 2007) montre que le souvenir et le rappel d'une EMI ne sont manifestement pas du même ordre que ceux que nous connaissons habituellement. Les moyens d'explorer la remémoration chez les témoins ne manquent pas : pour un laboratoire doté de moyens d’imagerie anatomique (IRM, Scanner) couplés à une imagerie fonctionnelle (PET Scan (tomographie par émission de positons), IRM fonctionnelle, magnéto-encéphalographie), il serait relativement facile de cerner les zones cérébrales concernées par la remémoration d’événements marquants mais « normaux » chez des sujets neutres ne rapportant aucune EMI, puis le même type d'’événements chez des témoins, et enfin de demander à ces derniers de se remémorer leur expérience. La comparaison pourrait être riche d'enseignements, et les résultats pourraient se révéler extrêmement intéressants pour la recherche sur les différents aspects de la mémoire.

 

Suites et intégration de l'expérience : Sur le plan psychologique, il est primordial de comprendre que les témoins de NDE ont vécu une expérience souvent bouleversante, remettant en cause les systèmes de valeurs qui servaient de base à leur vie. Tout doit donc être mis en oeuvre pour les aider à intégrer ce qui est pour eux une expérience fondamentale mais extrèmement perturbatrice.
Bien d'autres angles d'approche sont possibles, c'est pourquoi le comité scientifique  est prêt à accueillir toutes compétences qui permettraient de comprendre un peu mieux ces expériences.
Pour vous faire une idée des réflexions que ces expériences impliquent, vous pouvez consulter quelques articles parmi ceux que nous avons publiés.
Cette recherche repose essentiellement sur des témoignages, et le recueil de ces derniers est très important : lisez l'analyse qu'en fait Evelyne-Sarah Mercier dans "La Mort Transfigurée".
L'un des points les plus importants est que les EMI, qui sont individuellement des expériences par essence subjectives,  présentent  dans leur déroulement et leurs caractéristiques une cohérence qui apporte à ce phénomène une objectivité manifeste. C'est cette objectivité qui permet d'en envisager l'étude scientifique.

Quelques hypothèses (psychiatriques, neurologiques, psychologiques, etc.) ont été émises jusqu'à présent, mais aucune n'apporte de réponse valable. Vous les trouverez détaillées, ainsi que quelques réflexions sur le sujet, dans cet article.

 

Un modèle n'est pas une explication, mais plutôt une tentative de réunir toutes les pièces d'un puzzle complexe dans un cadre où elles deviennent cohérentes. Voici deux articles ("Juste une dimension de plus" et "Les dimensions de la conscience" ) qui sont une première approche sur ce plan. 2012 : voir aussi un premier article invité par le Journal of Cosmology : Near Death Experiences and the 5th Dimensional Spatio-Temporal Perspective Jean-Pierre Jourdan, M.D.

 

IANDS-France a publié en 1992 un ouvrage collectif, La Mort Transfigurée, qui est l'ouvrage de référence en langue française, et qui est consultable sur ce site. Vous y trouverez des points de vue qui vous donneront une idée des multiples approches possibles des EMI.

 




Rencontres Internationales sur les Expériences de Mort Imminente 2006 : les états de la recherche

Les premières rencontres internationales qui se sont tenues à Martigues le 17 juin 2006 marquent un tournant dans l'histoire des EMI.

Martigues S17 La plupart des études prospectives récentes ont été menées dans des services de cardiologie ou de réanimation et ont porté sur des patients ayant survécu après réanimation à des arrêts cardiaques.
Parmi elles, celle de Pim Van Lommel (Van Lommel Pim & al.,  Near-Death Experience in survivors of cardiac arrest : a prospective study in the Netherlands. The Lancet, vol 358, décembre 2001.), conduite aux Pays Bas dans dix hôpitaux incluait 344 patients répondant à ces critères et dont les enregistrements ECG confirmait qu’ils avaient été cliniquement morts. 62 d’entre eux, soit 18% ont rapporté avoir vécu une EMI, dont 41 (12%) expériences classées comme profondes selon le score de Greyson.
L’étude de Sam Parnia (Parnia S., Waller D.G., Yeates R., Fenwick P. A qualitative and quantitative study of the incidence, features and aetiology of near death experiences in cardiac arrest survivors. Resuscitation 48 (2001) 149-156) menée en Grande Bretagne au Southampton General Hospital dans les mêmes conditions a porté sur 62 patients dont 11,1% ont rapporté une expérience survenue durant leur mort apparente.
Aux États Unis, une étude similaire (Schwaninger J. & al. A prospective analysis of Near-Death Experiences in cardiac arrest patients. Journal of Near Death Studies, 20 (4), summer 2002, 215-232) a porté sur tous les patients ayant subi un arrêt cardiaque entre 1991 et 1994 à St Louis, Missouri, au Barnes-Jewish Hospital, soit 174 personnes. Parmi celles-ci 55 ont pu être réanimées, et 30 ont pu être interviewées. Sept d’entre elles (23%) ont rapporté une EMI.
Ces études statistiques ont été primordiales pour dévoiler la réalité et la fréquence du phénomène EMI. Elles ont montré qu'il ne pouvait être tenu pour négligeable.
Ce travail étant maintenant accompli, il va nous falloir aller plus loin.

Lors de ces rencontres, les spécialistes (biologistes, médecins, cardiologues, réanimateurs, neurologues et anthropologues) de plusieurs pays (Pays Bas, Angleterre, États-Unis, Suisse, France) se sont réunis pour présenter leurs derniers résultats et, en marge de la conférence, pour réfléchir sur les futures recherches qui permettront d'avancer dans la connaissance de ce sujet qui reste pour l'instant une énigme pour la science.
Ces expériences sont désormais reconnues en tant que problème scientifique à part entière, et non comme une curiosité ou un sujet de polémique. La publications de plusieurs articles dans des revues  médicales et scientifiques de premier plan (Nature, The Lancet, etc.), ainsi que les innombrables publications signées par des scientifiques de toutes disciplines dans la revue de référence qu'est le Journal of Near-Death Studies sont les témoins de cette avancée et du dynamisme d'une recherche qui n'en est pourtant qu'à ses débuts.
Concluant ces rencontres et les marquant d'une pierre blanche, un consensus s'est dessiné entre tous les intervenants, qui sont convenus d'un communiqué commun diffusé dans le monde entier.
Il semble que l'un des buts poursuivis par notre association depuis sa création, qui est de promouvoir une recherche à caractère scientifique, soit en passe d'être atteint.
Nous formons le voeu que les médecins et scientifiques de toutes les disciplines concernées puissent trouver au sein de IANDS-France un lieu d'information, d'échange et de coordination en vue de poursuivre la recherche pluridisciplinaire que nous défendons depuis 1987 et dont ces rencontres ont montré qu'elle était aujourd'hui plus que jamais nécessaire.

Docteur Jean-Pierre Jourdan - Directeur de la recherche médicale